Des bonnes pratiques pour les personnes qui supervisent appelées à se familiariser avec l’intelligence artificielle 

L’intelligence artificielle (IA), et plus particulièrement l’IA générative, est appelée à prendre une place croissante dans les milieux de soins, de services sociaux et de formation clinique. Les personnes qui supervisent des stagiaires au CIUSSS‑EMTL ont un rôle clé à jouer afin de soutenir un usage responsable, éthique et conforme aux cadres organisationnels, tant dans leur propre pratique que dans l’encadrement des productions écrites et professionnelles des stagiaires, et ce, dans le respect des informations confidentielles. Plusieurs références seront présentées dans les prochaines lignes, dont les trois règles d’or sur l’utilisation de l’IA au CIUSSS-EMTL.  

1. Développer une littératie de base en intelligence artificielle 

Les documents de référence sur l’utilisation responsable de l’IA au CIUSSS‑EMTL rappellent que l’IA est un outil de soutien et non un substitut au jugement professionnel 1,2,4. Comme le dit la règle d’or : « Les informations générées par l’IA tu valideras ». Avant d’être utilisée ou consignée, toute suggestion ou production issue d’un outil d’IA doit faire l’objet d’une validation par le professionnel ou le stagiaire impliquant son sens critique et son jugement professionnel. Une autre règle d’or stipule : « Ta responsabilité professionnelle à l’IA tu ne délégueras pas ». La responsabilité professionnelle demeure entièrement celle de la personne qui utilise une IA 1, 2, 4

2. Clarifier les attentes quant à l’utilisation de l’IA par les stagiaires 

Les superviseurs sont fortement encouragés à établir, dès le début du stage, des balises claires concernant l’usage acceptable de l’IA dans les travaux, notes évolutives, analyses ou rapports du stagiaire. Cela inclut notamment : 

  • ce qui peut relever d’une aide à la préparation ou à la réflexion ; 
  • ce qui doit obligatoirement demeurer une production personnelle et réflexive ; 
  • l’obligation de déclarer l’utilisation d’un outil d’IA ; 
  • le respect des règles d’utilisation de l’intelligence artificielle selon les outils et les règles établies par l’organisation1, 2, 3, 4 
  • l’interdiction d’utiliser les données de l’organisation sur un appareil personnel (cellulaire, ordinateur, etc.) 

3. Porter une attention particulière à la confidentialité et au consentement des usagers 

Il s’agit de la première règle d’or : « Données sensibles et confidentielles tu ne mettras pas dans l’IA ». Il s’agit d’un point de vigilance majeur en ce qui concerne l’utilisation d’outils d’IA : faire attention à ne pas utiliser des informations sensibles, confidentielles ou permettant d’identifier directement ou indirectement une personne (nom, NAS, adresse, caractéristiques cliniques, etc.) 1, 2, 4. 

Il y a certains outils d’IA qui sont autorisés à traiter des informations confidentielles ou sensibles. Dans le cadre de projets pilotes, ces IA sont soumises à plusieurs étapes d’évaluation selon les lois et les exigences de notre organisation, de Santé Québec ainsi que du Ministère de la cybersécurité et du numérique (MCN)3.  

Même si les informations ont été dénominalisées ou anonymisées, les documents de référence au CIUSSS‑EMTL rappellent explicitement l’obligation d’obtenir un consentement éclairé avant l’intégration de données portant sur toute personne dans un outil d’IA, et ce, même s’il est autorisé par l’organisation. Ce consentement, qu’il soit accordé ou refusé, doit être consigné au dossier 2

Il est impératif de rester vigilant lorsque l’on utilise toute forme d’intelligence artificielle, car la personne qui entre les données, et la personne responsable de ces données sont impactées.  

4. Utiliser les outils d’IA autorisés par l’organisation 

L’outil d’IA à privilégier par toutes les personnes qui travaillent dans le réseau de la santé et des services sociaux au Québec et les stagiaires qui les accompagnent devrait être la version Copilot incorporée aux outils de la suite Microsoft 365.  

D’autres outils d’IA ont été utilisés dans le cadre de projets pilotes par le CIUSSS‑EMTL3. Cependant, peu importe si l’outil que les personnes qui supervisent désirent utiliser soit sur cette liste ou non, il faut demander au gestionnaire et aux responsables du service informatique l’autorisation d’utilisation via une demande de projet informatique afin que cet outil soit évalué et certifié sans danger pour l’organisation en fonction de l’utilisation que vous désirez en faire. 

L’utilisation d’outils d’IA sans autorisation (qui n’ont pas été évalués par le CIUSSS-EMTL, Santé Québec ou le MCN) est appelée « Shadow IA ». Si vous le faites, prenez note que vous allez à l’encontre des directives (lois et exigences) de l’organisation.  Il est important de savoir que toute personne qui utilise un outil d’IA sans autorisation sur un ordinateur de l’organisation ou qui utilise des données de l’organisation sur un appareil personnel est responsable et imputable des informations partagées et des risques inhérents à l’utilisation de ces outils. 

5. Adapter les pratiques d’évaluation et favoriser la discussion réflexive 

Dans un contexte où l’IA peut soutenir la rédaction ou la reformulation, il faut privilégier des modalités d’évaluation qui mettent en évidence le raisonnement clinique, la capacité réflexive, l’intégration du vécu de stage et la contextualisation des interventions. Les échanges oraux, les rétroactions supervisées et les mises en situation demeurent des moyens privilégiés pour valider l’appropriation réelle des apprentissages par le stagiaire. 

6. Agir à titre de modèle pour un usage éthique et professionnel de l’IA 

Enfin, en adoptant des pratiques responsables et cohérentes avec les orientations du CIUSSS‑EMTL, les personnes qui supervisent contribuent activement au développement du jugement professionnel des stagiaires. Le respect de la dignité des usagers, la transparence, la responsabilité et la protection des données constituent des principes incontournables, autant dans un contexte d’apprentissage que de prestation de soins et de services. 

Références

Compléments pour votre littératie numérique  

Par Francis Brière, avec la complicité de l’intelligence artificielle (Copilot) 

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