Comment faciliter le développement de l’autonomie en stage ?  

En tant que personne qui supervise, comment pouvez-vous faciliter le développement de l’autonomie chez les stagiaires ?  

Une relation de supervision basée sur une alliance pédagogique3, 7 forte portée sur des piliers de collaboration, de confiance mutuelle, de respect et de communication favorise le développement de l’autonomie. La confiance peut facilement se développer dans ce type de relation. Pour en savoir plus sur l’alliance pédagogique, n’hésitez pas à reconsulter l’article publié le 30 janvier 2024.      

L’autonomie se développe dans un contexte permettant de développement de la confiance et de la motivation. Une alliance pédagogique forte offre ce contexte. 

L’importance de la confiance : 

On parle ici de la confiance dans tous ses sens : la confiance mutuelle, la confiance personnelle et la confiance professionnelle ou en ses propres capacités. Il est important chez les personnes en stage qu’elles se sentent soutenues et capables (sentiment d’auto-efficacité). Chez la personne qui supervise, il est important d’avoir confiance en la personne qu’elle supervise pour lui donner plus d’autonomie et ce en fonction du contexte de stage2, 8. Pour favoriser la confiance, il faut :   

  • Définir adéquatement les bases de la relation de supervision par l’entente d’accompagnement pédagogique en définissant les balises encadrant la relation et en abordant les attentes respectives.  
  • Viser la transparence et la clarté dans les attentes comme dans les demandes.  
  • Favoriser les discussions et les échanges dans le respect et l’ouverture.  
  • Désamorcer les craintes, les idées préconçues et tout élément ou comportement susceptible d’avoir un effet sur le bon déroulement du stage.  
  • Revenir sur différents concepts comme :  le droit à l’erreur, le rôle de soutien, la responsabilité d’atteindre les objectifs de stage, la gradation des apprentissages, la rétroaction et la préparation à l’évaluation sommative.  
  • Souligner l’importance d’avoir du plaisir et de retirer quelque chose de positif de l’expérience, tant pour vous que pour la personne stagiaire.   
  • Adopter une posture bienveillante d’ouverture et d’engagement et amener votre stagiaire à faire de même.  
  • Définir des moments dédiés à votre stagiaire (rétroaction formelle) en plus des moments informels, et ce, dans les 24h suivant des activités d’apprentissage pour être en mesure de bien contextualiser vos échanges. 
  • Donner l’heure juste sur la performance du stagiaire face à l’atteinte des objectifs de stage en fonction de l’étape ou du temps de stage effectué. Aborder :  
    • Les éléments bien faits (encouragement); 
    • Les pistes d’amélioration nécessaires à l’atteinte des objectifs de stage;  
    • Les prochaines étapes à atteindre (utiliser au besoin un soutien visuel).   
  • Contextualiser vos propos et soyez spécifique afin de faciliter la compréhension.  
  • Utiliser la reformulation pour sonder la compréhension des informations échangées, tant pour vous que pour votre stagiaire.  
  • Préparer votre stagiaire aux situations pouvant survenir dans votre milieu (ex : situation d’urgence, prise de parole en groupe, absence, etc.). 

En résumé, lorsque les balises de la relation sont bien établies, que les attentes mutuelles sont claires et transparentes, que le contexte est favorable à l’apprentissage et qu’il y a une compréhension et une adhésion aux rôles et responsabilités de chacun, la confiance se développe mutuellement. Quand cette confiance est établie, il est alors plus facile d’offrir de l’autonomie à nos stagiaires. 

L’importance de la motivation 

Le développement de l’autonomie passe aussi par la motivation et le désir d’apprendre et de prendre sa place. Il est donc important de mettre en place des moyens pour soutenir la motivation. Pour ce faire, nous vous suggérons de revoir l’article sur le modèle P.A.R.I.1.  

Voici une adaptation du modèle P.A.R.I. axé sur le développement de l’autonomie chez nos stagiaires, en cherchant à les motiver à apprendre et à les impliquer dans leurs apprentissages. Vous remarquerez peut-être que les principes liés au développement de l’autonomie chez l’enfant ou chez l’étudiant4, 5, 6 s’appliquent toujours même à l’âge adulte. Pour favoriser la motivation, il faut :   

  • Stimuler la curiosité, que ce soit pour aller plus loin dans les notions et leurs applications ou bien pour mieux comprendre la pertinence (Pertinence : modèle P.A.R.I.) et l’importance des apprentissages. 
    • Impliquer l’apprenant dans son apprentissage (Apprentissage actif : modèle P.A.R.I.) de façon à lui permettre de trouver ses propres réponses et de faire des choix. Amenez l’apprenant à se prononcer sur ses perceptions et sa compréhension : il ne vous restera ensuite qu’à confirmer ou à ajuster ses propos.  
    • Ne pas surprotéger : résister à l’envie de le faire à sa place. 
  • Encourager l’apprenant en soulignant les succès en fonction de l’étape et du déroulement du stage, et ce, en étant spécifique et en contextualisant vos propos (Rétroaction : modèle P.A.R.I.).  
    • Avoir des attentes réalistes et adaptées aux moments et aux besoins, selon une gradation permettant les petites victoires et les avancées positives.  
    • Offrir une rétroaction de façon à aborder aujourd’hui ce qui va devenir la base pour les discussions de demain.  
    • Offrir un accompagnement positif : profiter des erreurs  
  • Aider à structurer les apprentissages selon les besoins de l’apprenant et l’aider à faire des liens avec ses expériences passées (Individualisation : modèle P.A.R.I.).  
    • Découper les tâches plus exigeantes en étapes.  
    • Outiller l’apprenant au besoin avec des outils de références, des listes, des tableaux, un calendrier ou une routine pour répondre à ses besoins.  

En espérant que ce résumé des différentes sources et outils pourra vous être utile et qu’il trouvera un sens dans votre réalité. Si vous avez besoin de soutien, prenez rendez-vous et demandez conseil

Références :  

1 Audetat Voirol M.-C., Laurin S., Sanche G. (2016). Facilitons-nous l’apprentissage de nos stagiaires (modèle P.A.R.I.). Le médecin du Québec ; 49 (4): 75-77. Repéré à : Archives ouvertes – Université de Genève 

2 Bernard, J. M., Goodyear, R. K. (2019). Fundamentals of clinical supervision. (6th ed., p.222) The Merrill counseling Series.  

3 Côté, L., Breton, E., Boucher, D., Déry, É., & Roux, J. F. (2017). L’alliance pédagogique en supervision clinique: une étude qualitative en sciences de la santé. Pédagogie médicale, 18(4), 161-170.  

4 Leblanc, C. (2018).  Repéré sur : https://pedagogie.uquebec.ca/veille/regard-sur-lapprentissage-autonome-des-etudiants  

5 Leroux-Boudreault, A. (2021). Repéré sur :  L’autonomie chez l’enfant | naitreetgrandir.com   

6 Philippon, J. (2017). Repéré sur : Favoriser le développement de l’autonomie chez son enfant | Alloprof.qc.ca  

7 Telio, S., Ajjawi, R., & Regehr, G. (2015). The “educational alliance” as a framework for reconceptualizing feedback in medical education. Academic Medicine, 90(5), 609-614. 

8 Wilson, H. M. N., Davies, J. S. et Weatherhead, S. (2015). Trainee therapists’ experiences of supervision during training : a meta-synthesis. Clinical Psychology and Psychotherapy, 23(4), p.345. 

Par Francis Brière

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