La sécurité psychologique, un incontournable pour établir un contexte d’apprentissage positif 

Pour les personnes stagiaires, le stage est un contexte où se vivent de nombreuses émotions. À certains moments, le stage peut être synonyme de fierté, d’émerveillement, d’enthousiasme ou de plaisir, mais peut aussi être source d’émotions inconfortables comme de la honte, de la dévalorisation ou de la peur du jugement, pour ne nommer que celles-ci. Or, comment peut-on amoindrir les émotions générant un malaise ? Pour répondre à cette question, nous vous proposons d’explorer le concept de sécurité psychologique.  

Le concept de sécurité psychologique est défini par Edmonston comme : « un climat d’équipe caractérisé par la confiance interpersonnelle et le respect mutuel dans lequel les gens sont à l’aise d’être eux-mêmes » (Edmonston, 2021, cité dans Raguette, 2022). Or, quels sont les facteurs qui favorisent l’établissement d’une sécurité psychologique ?  

C’est exactement la question à laquelle Christine Spill et Amélie Gatin (2019) se sont intéressées à l’intérieur de leur article « Comment favoriser la sécurité psychologique des étudiants en soins infirmiers lors de l’enseignement des gestes et soins d’urgence par simulation ? » À travers une enquête qualitative, plusieurs techniques permettant d’établir et de maintenir un climat de sécurité psychologique ont été relevées par les personnes formatrices interrogées. Bien que l’article se concentre sur l’apprentissage en contexte de simulation et que la population étudiée se constituait des personnes étudiantes en soins infirmiers, les principes dégagés sont particulièrement utiles et éclairants pour la supervision de stage de manière plus générale.  

  • La construction d’une relation pédagogique  

Lors de la supervision, il est nécessaire d’avoir une posture bienveillante (Spill et Gatin, 2019). Ce point réfère à la compréhension du stage comme lieu où la personne étudiante a le droit à l’erreur puisqu’il s’agit d’une situation d’apprentissage (Spill et Gatin, 2019). À cet effet, il est essentiel de s’interroger sur la dynamique de pouvoir inhérente au stage de manière à laisser un certain contrôle à la personne étudiante. Une relation pédagogique plus symétrique est favorisée par différentes attitudes chez les personnes qui supervisent telles que la disponibilité, la capacité à valoriser la personne stagiaire et l’ouverture (Spill et Gatin, 2019).  

  • La formation  

La participation à des formations entourant à la fois votre domaine d’expertise et la supervision de stage est l’une des nombreuses manières de favoriser l’établissement d’un climat de confiance. Les données probantes entourant ces deux champs sont en constante évolution, c’est pourquoi il est important de se garder à jour. Pour la supervision de stage, plusieurs formations sont disponibles et offertes à l’interne par votre établissement ou sur l’Environnement numérique d’apprentissage (ex.: ENA#3737). 

  • La rétroaction 

L’information que la personne qui supervise les stages fournit à la personne apprenante lors de la rétroaction est cruciale. Elle permet de déterminer où se situe l’apprenant face à ses objectifs d’apprentissage et à l’aider à les atteindre. Par exemple, Spill et Gatin (2019) suggèrent de questionner la personne étudiante sur ses attentes en lien avec le stage ou une activité d’apprentissage plus précise puisque cela offre l’occasion à la personne en situation d’apprentissage de prendre conscience de la valeur pédagogique de l’activité offerte. De plus, il est important de garder en tête que tout le monde a dû passer par un processus d’apprentissage pour avoir les connaissances et les compétences actuellement maîtrisées, y compris la personne qui supervise.  

  • La conscience des caractéristiques des personnes étudiantes  

Chaque personne effectuant son stage est différente. Dans un premier temps, il s’agit de reconnaitre que l’ensemble des parcours et des expériences des personnes étudiantes sont uniques. Comme personne qui supervise, il est important de prévenir l’insécurité psychologique en (a) proposant des activités pédagogiques qui sont adaptées à la personne apprenante, c’est-à-dire, pas trop complexe ni trop simples ; (b) en construisant une relation pédagogique avec la personne étudiante où le droit à l’erreur est introduit (Spill et Gatin, 2019).  

En définitive, bien que la sécurité psychologique n’élimine pas les émotions inconfortables des personnes en apprentissage, elle favorise la mise en place d’un cadre rassurant qui permet de vivre ses émotions sans qu’elles nous envahissent (Spill et Gatin, 2019). Être une personne qui supervise appelle à la responsabilité d’établir un climat favorisant la sécurité psychologique, ce qui permet de se placer aux premières loges de l’apprentissage et de l’épanouissement de la personne en stage.  

Bibliographie  

De Carlo, L. (2014). Sécurité psychologique des participants et apport des simulations de négociation pour la recherche et la pratique : des objectifs irréconciliables ?. Négociations, 22, 69-80. https://doi.org/10.3917/neg.022.0069 

Edmondson, A. C. (2018). The fearless organization: Creating psychological safety in the workplace for learning, innovation, and growth. John Wiley & Sons. 

Spill, C. & Gatin, A. (2019). Comment favoriser la sécurité psychologique des étudiants en soins infirmiers lors de l’enseignement des gestes et soins d’urgence par simulation ?. Recherche en soins infirmiers, 137, 62-76. https://doi.org/10.3917/rsi.137.0062 

Raguette, C. (2022, 7 juin). Sécurité psychologique : prérequis indispensable à l’engagement. Carrefour RH. https://carrefourrh.org/ressources/travailler-ensemble/2022/06/securite-psychologique#notes  

Par Katherine Dion

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